On s'accroche au passé comme un lierre au mur Et les miroirs nous renvoient des blessures Du temps passé trop vite qui ride notre peau On a le coeur qui s'effrite comme les pierres d'un château On se tait de nos maux pour ne pas se souvenir On pense à ce bateau qui nous fera partir On oublie les histoires pour ne pas en parler Cela ennuie les enfants et ça nous fait pleurer On fume les heures qui reste dans un même fauteuil Posé près de la fenêtre ou dessous le tilleul Et les heures goutte à goutte nous oublient peu à peu Le nez dans notre soupe et les mots dans les yeux On est comme un vieux meuble qu'on cire de temps en temps Une table ou un lit qu'on n'aime pas vraiment Alors on s'habitue à vivre doucement A ne pas faire de bruit, à respirer seulement Et quand comme un oiseau on sent l'heure du départ Les ailes au ras du dos on éteint notre histoire Ce n'est pas que ça fait souffrir, ça fait même pleurer C'est pas dur de partir quand on veut plus rester C'est comme une bougie qu'on oublierait d'éteindre Qui brûlerait toute une vie pour que l'on puis peindre Sur les murs de nos yeux tout ce qu'on a appris Le chagrin, la tendresse, les jours bleus, les jours gris C'est ça devenir vieux Ce très beau texte a été chanté par Denise Grey en 1988.
Matins frileux Le vent se vêt de brume ; Le vent retrousse au cou des pigeons bleus Les plumes. La poule appelle Le pépiant fretin de ses poussins Sous l’aile. Panache au clair et glaive nu Les lansquenets des girouettes Pirouettent. L’air est rugueux et cru ; Un chat près du foyer se pelotonne ; Et tout à coup, du coin du bois résonne, Monotone et discord, L’appel tintamarrant des cors D’automne.
Tu ne peux pas retenir le temps...Il passe... Il coule entre tes doigts comme l'eau de la fontaine, Il glisse dans ta main comme le sable de la mer,..
Tu ne peux rattraper le passé, Il n'est plus Il s'en est allé comme le couchant d'hier... Il a disparu comme un souvenir perdu
Tu ne peux emprisonner le futur, il n'est pas encore... Il viendra à son heure ,comme le levant de demain, Il te rejoindra, comme la vague qui s'approche du rivage
Prends le temps qui t'est donné à chaque instant qui passe... Cueille-le précieusement comme l'eau du ruisseau qui t'est toujours disponible.
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer..
LIBERTÉ
Le poème Liberté a été écrit et publié en 1942 par Paul Eluard alors qu'il était actif dans la résistance française .
On s'accroche au passé comme un lierre au mur
Et les miroirs nous renvoient des blessures
Du temps passé trop vite qui ride notre peau
On a le coeur qui s'effrite comme les pierres d'un château
On se tait de nos maux pour ne pas se souvenir
On pense à ce bateau qui nous fera partir
On oublie les histoires pour ne pas en parler
Cela ennuie les enfants et ça nous fait pleurer
On fume les heures qui reste dans un même fauteuil
Posé près de la fenêtre ou dessous le tilleul
Et les heures goutte à goutte nous oublient peu à peu
Le nez dans notre soupe et les mots dans les yeux
On est comme un vieux meuble qu'on cire de temps en temps
Une table ou un lit qu'on n'aime pas vraiment
Alors on s'habitue à vivre doucement
A ne pas faire de bruit, à respirer seulement
Et quand comme un oiseau on sent l'heure du départ
Les ailes au ras du dos on éteint notre histoire
Ce n'est pas que ça fait souffrir, ça fait même pleurer
C'est pas dur de partir quand on veut plus rester
C'est comme une bougie qu'on oublierait d'éteindre
Qui brûlerait toute une vie pour que l'on puis peindre
Sur les murs de nos yeux tout ce qu'on a appris
Le chagrin, la tendresse, les jours bleus, les jours gris
C'est ça devenir vieux
Ce très beau texte a été chanté par Denise Grey en 1988.
Elle est si douce, la pensée,
Qu'il faut, pour en sentir l'attrait,
D'une vision commencée
S'éveiller tout à coup distrait.
Le cœur dépouillé la réclame ;
Il ne la fait point revenir,
Et cependant elle est dans l'âme,
Et l'on mourrait pour la finir.
À quoi pensais-je tout à l'heure ?
À quel beau songe évanoui
Dois-je les larmes que je pleure ?
Il m'a laissé tout ébloui.
Et ce bonheur d'une seconde,
Nul effort ne me l'a rendu ;
Je n'ai goûté de joie au monde
Qu'en rêve, et mon rêve est perdu.
René-François Sully Prudhomme (1839-1907)
Que signifient ces vers estropiés ?
Pardon si leurs pieds se portent mal
Et si leur nombre est irrégulier,
Leur assemblage est plutôt bancal.
On se demande à quoi cela rime !
On dirait l’œuvre d’un fou tordu,
Et de plus tout ça manque de rythme,
Résultat d’un travail mal foutu !
(Malices)
Automne
Matins frileux
Le vent se vêt de brume ;
Le vent retrousse au cou des pigeons bleus
Les plumes.
La poule appelle
Le pépiant fretin de ses poussins
Sous l’aile.
Panache au clair et glaive nu
Les lansquenets des girouettes
Pirouettent.
L’air est rugueux et cru ;
Un chat près du foyer se pelotonne ;
Et tout à coup, du coin du bois résonne,
Monotone et discord,
L’appel tintamarrant des cors
D’automne.
Emile Verhaeren, 1895
Tu ne peux pas retenir le temps...Il passe...
Il coule entre tes doigts comme l'eau de la fontaine,
Il glisse dans ta main comme le sable de la mer,..
Tu ne peux rattraper le passé, Il n'est plus
Il s'en est allé comme le couchant d'hier...
Il a disparu comme un souvenir perdu
Tu ne peux emprisonner le futur, il n'est pas encore...
Il viendra à son heure ,comme le levant de demain,
Il te rejoindra, comme la vague qui s'approche du rivage
Prends le temps qui t'est donné
à chaque instant qui passe...
Cueille-le précieusement comme l'eau du ruisseau qui t'est toujours disponible.
auteur inconnu.